Coupe-file disponible Restauration de la Sainte-Chapelle — De Viollet-le-Duc à nos jours
La restauration des années 1840 qui a sauvé la chapelle, la conservation des vitraux au XXIe siècle, et ce qui est original par rapport à ce qui a été restauré.
La Sainte-Chapelle telle que nous la voyons aujourd'hui est le résultat de deux grandes campagnes de restauration : les travaux du XIXe siècle menés par l'architecte Eugène Viollet-le-Duc (et d'autres) qui ont sauvé l'édifice de l'abandon post-révolutionnaire, et la conservation des vitraux du XXIe siècle achevée en 2015. Ce guide distingue ce qui relève de l'œuvre originale du XIIIe siècle, ce qui est une restauration, et comment reconnaître la différence.
La restauration des années 1840
Pendant la Révolution (1789-1799), la Sainte-Chapelle avait servi d'entrepôt à farine puis d'archive publique — le pire usage possible pour des vitraux médiévaux. De nombreux panneaux furent endommagés ou retirés ; la décoration peinte fut badigeonnée de chaux ; la flèche du toit s'était effondrée. Dans les années 1830, la chapelle était pour ainsi dire à l'abandon.
Eugène Viollet-le-Duc — l'architecte qui a également reconstruit la flèche de Notre-Dame et les remparts de Carcassonne — entreprit une restauration majeure de la Sainte-Chapelle à partir de 1840, qui se poursuivit dans les années 1850. La décoration peinte des colonnes et du plafond intérieurs fut repeinte en suivant le dessin des fragments survivants. Les panneaux de vitraux manquants furent réparés ou remplacés par des œuvres nouvelles suivant les cartons médiévaux. La flèche du toit fut reconstruite (la flèche actuelle date du XIXe siècle, non du XIIIe).
Ce qui est original du XIIIe siècle
Une partie substantielle du programme de vitraux du XIIIe siècle subsiste — notamment dans les fenêtres de la chapelle haute. Sur les 1 113 panneaux de la chapelle haute, environ les deux tiers (près de 700 panneaux) sont des vitraux originaux du XIIIe siècle ; le tiers restant est constitué de remplacements du XIXe siècle réalisés pour correspondre. La limite est difficile à distinguer depuis le sol ; un examen rapproché (ou le guide officiel) permet d'identifier l'original par rapport au remplacé.
La structure architecturale est en grande partie d'origine — les colonnes porteuses en pierre, la voûte d'ogives, le plan au sol. La décoration peinte sur les colonnes et le plafond est une restauration du XIXe siècle suivant les schémas de couleurs médiévaux. La flèche sur le toit date du XIXe siècle. Les chapiteaux en pierre sculptée au sommet des colonnes sont pour la plupart du XIIIe siècle, avec quelques remplacements du XIXe siècle là où les originaux étaient trop endommagés.
Conservation des vitraux du XXIe siècle
De 2008 à 2015, la Sainte-Chapelle a fait l'objet d'une grande campagne de conservation des vitraux de 7 ans — le premier traitement complet du verre du XIIIe siècle depuis Viollet-le-Duc. Chaque panneau a été soigneusement retiré, nettoyé (la crasse médiévale et le vernis de réparation du XIXe siècle ont été enlevés), réparé et réinstallé avec de nouveaux plombs (les bandes de plomb qui maintiennent les panneaux de verre ensemble).
La conservation a également ajouté un vitrage extérieur protecteur (une deuxième couche extérieure de verre moderne transparent) pour ralentir la détérioration due aux pluies acides et à la pollution atmosphérique. La conservation du XXIe siècle a restauré l'intensité des couleurs qui avait été atténuée par des siècles de crasse accumulée. Les visiteurs qui ont vu la Sainte-Chapelle avant 2008 et après 2015 rapportent une différence notable — les vitraux sont désormais plus riches en couleurs et plus clairs dans les détails. Le programme de 1 113 panneaux n'a jamais été aussi lisible qu'aujourd'hui.
Questions fréquentes
Les vitraux de la Sainte-Chapelle sont-ils originaux du XIIIe siècle ?
Environ les deux tiers — près de 700 des 1 113 panneaux de la chapelle haute sont des vitraux originaux du XIIIe siècle. Le tiers restant est constitué de remplacements du XIXe siècle réalisés par Viollet-le-Duc pour correspondre aux cartons originaux.
Qui a restauré la Sainte-Chapelle dans les années 1840 ?
Eugène Viollet-le-Duc — l'architecte qui a également restauré Notre-Dame et Carcassonne — a dirigé la grande campagne de restauration à partir de 1840. Les travaux comprenaient la repeinture de la décoration des colonnes et du plafond, le remplacement des panneaux de vitraux manquants et la reconstruction de la flèche sur le toit.
Quand a eu lieu la restauration la plus récente ?
2008-2015 — une campagne de conservation des vitraux de 7 ans traitant les 1 113 panneaux de la chapelle haute. Les panneaux ont été retirés, nettoyés, réparés et réinstallés avec de nouveaux plombs. Un vitrage extérieur protecteur a été ajouté. La conservation a restauré l'intensité des couleurs atténuée par des siècles de crasse.
La Sainte-Chapelle a-t-elle été endommagée pendant la Révolution ?
Oui — utilisé comme entrepôt de farine et archives publiques pendant la Révolution et le début du XIXe siècle. Les vitraux furent endommagés ou retirés, les décors peints badigeonnés de chaux, et la flèche du toit s’effondra. La restauration de Viollet-le-Duc dans les années 1840 sauva l’édifice de l’abandon post-révolutionnaire.
Les murs peints sont-ils d’origine ?
Repeinture du XIXe siècle d’après les fragments de couleurs médiévales subsistants. Les murs et colonnes sont ornés de fleurs de lys dorées sur fond bleu, de motifs végétaux et de riches panneaux rouges. La palette chromatique suit ce qui a survécu ; la peinture actuelle est une restauration.
Y a-t-il eu des dégâts récents ?
Aucun dommage majeur au XXIe siècle. L’incendie de Notre-Dame en 2019 (un édifice distinct à 200 mètres) n’a pas affecté la Sainte-Chapelle. La conservation de 7 ans achevée en 2015 place l’édifice dans son meilleur état depuis plus d’un siècle.